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notes écrites > mémoire de maîtrise > III) : des parcs à Thèmes aux parcs d’attractions : transfiguration , ou annexion de la conception chrétienne , de l’art des langages et de la vie ? >

Futuroscope de Poitier et DisneyLand :du pareil au même ?

du Kinemax ; Futuroscope de Poitiers

" A l’inverse de l’Omnimax, édifice cosmique fiché sur la Terre, le Kinémax jaillit du sol sous l’effet d’une irrésistible force tellurique. Avec ses cristaux de roches miroitants dressés à l’oblique au bord du premier lac, il constitue aujourd’hui, par sa puissance évocatrice, l’édifice le plus surprenant et le plus remarqué du Parc. "

Les 3000 plaques des façades du Kinémax représentent une surface de 4250 m2

Un bâtiment presque virtuel

"La nature ordonne les molécules des cristaux comme la lumiêre les faisceaux de photons à travers la pellicule" explique l’architecte. Le thême du cristal n’a donc pas été choisi au hasard, mais parce que le phénomêne naturel de cristallisation fournissait une expression métaphorique du processus cinématographique. Le bâtiment se présente comme un bloc de cristaux inclinés à 60à‚°. Prouesse technique, le Kinémax est aussi et avant tout un lieu magique où le spectateur se laisse happer avec délices par l’immense écran légêrement concave. Perdant la notion du réel, il en vient à confondre images et vision réelle du monde, à prendre l’illusion pour la vie. Du point de vue architectural, cette "confusion" se trouve exprimée par l’apparence miroitante des façades. Alors que la structure de l’édifice lui confêre une présence tellurique três forte, ses contours, eux, semblent insaisissables. Les facettes des cristaux renvoient une image kaléidoscopique et proprement "fascinante" du monde environnant. Le Kinémax apparaît comme un bâtiment quasi virtuel.

De l’autre côté du miroir

Pour prolonger l’illusion, à la fin du spectacle, l’immense écran de 600 mà‚² (à l’époque, le plus grand écran plat d’Europe) se lêve lentement pour laisser sortir les spectateurs. Ce procédé est unique au monde. Deux puissants vérins hydrauliques synchronisés hissent donc à la verticale les 18 tonnes de l’écran, haut comme un immeuble de sept étages.

"Il s’agissait d’éviter tous les désagréments habituels des sorties de salles, le cheminement interminable et souvent sordide vers l’extérieur. Ce systême permet de ne pas rompre le charme", précise l’architecte.

Il évite aussi toute solution de continuité entre la fin de l’animation et la suite de la visite. Quittant le rêve éveillé où l’a plongé le film, le spectateur débouche sur la vision immatérielle du Parc se reflétant dans les eaux sombres du lac.

Tantôt brillant, limpide et aveuglant, tantôt sombre et presque inquiétant, tel est l’insaisissable Kinémax.

La quadrilature du cercle Le Kinémax se donne donc pour mission de célébrer de maniêre spectaculaire l’événement technologique qu’il abrite. Avec brio,mais à prix serré ! "Le pari consiste à réaliser une création originale, avec des prestations de qualité, pour le prix d’une construction banale, dans des délais étourdissants", résume Pierre Tuloup, l’architecte responsable des chantiers. "

Le château de Cendrillon ; Disneyland .

Les deux espaces de découvertes , le Futuroscope (http://www.futuroscope.org/francais/visite2.htm ) ainsi que DisneyLand , présentent singuliêrement la même forme globale : un immense parc rondDisneyland Park map(http://www.disney.com/Disneyland/info/ parkmap.html) , (Le plan du Futuroscope ) composé d’une enceinte qui le protêge bien clairement du reste du lieu , de la ville dans lequel il est construit . Nous pouvons ainsi apercevoir de três loin les hautes tours protégeant la citadelle , et pour laquelle nous avons fait tant de kilomêtres , afin de la visiter .Nous entrons en famille par son grand portail , où l’on doit passer à la séance rituelle du péage . Nous voilà enfin face aux splendeurs technologiques que l’on nous a tant vantés ; espaces , bâtiments , qui apparaissent ,semblerions nous penser ,encore plus beau , plus extraordinaire que ce que l’on avait imaginé .Comment ce bâtiment , bateau ivre ,pavillon du futur composé uniquement de verre et dangereusement incliné peut-il donc tenir debout ? Comment ce château de Cendrillon a pu t’il apparaître aussi énorme , aussi somptueux et irréel , qu’un décor d’Alice au pays des merveilles ?Comment ces immenses orgues de pierres précieuses ont-ils pu être bâti ?nous regardons hâtivement notre petit guide afin de repérer les choses à voir , mais l’on s’aperçoit rapidement ,que les chemins mênent naturellement ,aux sites et oeuvres décrites ;La masse de la foule agissant comme d’immenses artêres allant irriguer ces modernes cathédrales ,ces ludiques temples de la perception synesthésique et interactive des sens ;l’on est impressionné par l’avancée logique de nos pas ,dans un espace si bien organisé .Puis c’est l’entrée dans les monuments :immenses vaisseaux sphériques ,cubiques ,allongés tordus ,en hauteur ,avec le plus souvent un écran de visualisation .Nous enfilons des lunettes pour voir en trois dimensions , des avions décoller au raz de nos yeux , secouons nos corps sur des fauteuils ,répondant aux vibrations d’un train fou virtuel s’apprêtant à dérailler ,qui sifflent comme le diable dans nos oreilles ;regardons extasiés sous un dôme sphérique les derniêres images de la progression spatiale ; tournant comme des fous dans le train fantôme .Rentrant virtuellement dans l’infiniment petit .Nous agissons tous ensembles , autour d’une action ,un théâtre ,un film interactif , qui se déroule en fonction de nos choix .Puis c’est l’heure du repas dans un restaurant extravagant ;puis la reprise des festivités ,et le repas , à nouveau ;enfin le spectacle nocturne , pyrotechnique ,apothéose de la journée .Ne reste plus que le retour en processions vers les autels (pardon les hôtels )qui entourent le site comme de bons gardiens prêts à recueillir le sacrifice d’une journée harassante .Et normalement , en famille ce cycle rituel de découvertes et de loisirs , devrait durer trois jours :le temps d’un week-end (liturgique).

La premiêre chose que l’on peut remarquer , dans ces espaces imaginaires de la três haute technologie du loisir , c’est que tout semble être fait pour que l’être présent au milieu d’un spectacle sans discontinu et permanent ,autour d’une masse de personnes si importante , puisse s’extérioser de tout son être , de toute sa psychologie dans un espace symbolique de représentation plus vaste ,où il serait ,lui même , une partie logique et intégrée de ce tout vivant du spectacle .Dans le déroulement de ses pas tout est affiché et numéroté , afin de lui indiquer le chemin logique qu’il doit suivre pour atteindre le plaisir recherché , en compagnie de la masse -média ,des hommes et des machines .A Disney-land ,les personnages et les lieux se révêlent outrageusement idéalisés , à la façon de concepts facilement repérables ,tels le château de cinderella , ou Barbie et sa maison , qui ont des succés colossaux .Le vernis humanitaire ,collant à la peau des sujets scientifiques ou ludiques présentés par le futuroscope , n’étant pas moins idéalisateur et quelque part ,un peu infantilisant (comme une plaquette relatant un programme religieux des témoins de jéhovas ?) .Mais il semble que cela soit un des buts recherchés par tous , de simplification et de schématisation , peut-être pour donner aux masses médiatiques ,technologiques et informatiques ,centre des langages ,toutes leurs forces potentielles de dramatisation ;et qu’ils apparaissent comme une révélation .(Dans le sens à peu prês qu’en donne Maurice Benayoun sur son site internet .)

C’est peut-être aussi à ce niveau que l’on est en mesure de se rendre compte combien la démarche hypermédia ,semble lié à la propension d’un groupe ou d’une organisation , d’une nation à une forme d’autoritarisme de pensées et d’actes .Et pourquoi donc , si ce n’est pour se fixer diamétralement sur le même axe de pensée , et d’action ? L’art chrétien était génial , en cela qu’il a su (et sait encore ?) canaliser les attentes , les besoins , les souffrances et les désirs d’un nombre considérable d’humain dans un espace d’amplification constitué de toutes les sciences techniques et artistiques humaines d’une époque,pour la chrétienté autour d’un seul et unique message -celui de la vérité d’un dieu qui parle aux hommes.C’est une constante que l’on retrouve pour les deux parcs à thêmes étudiés ici :l’un consacre toute son énergie à prôner l’art du drame de la ...cabriole (et de la farce), quand l’autre nous plonge dans celui de la profondeur de l’image . De là devons nous déduire que le succés d’une oeuvre hypermédia provient de son unicité du message et de sa potentielle véracité ? Ou plutôt de la structure tragique et dramatique qu’elle traque incessamment par tous les moyens techniques possible,pour mettre le spectateur dans une situation de dépendance(la peur de la mort qui nous ronge le sang) et d’attente (le désir d’établir une force capable de nous sauver de tous dangers) ? Ceci en dehors du message lui même comme le pense Marshall Mc Luhan ?"(Le fait essentiel de la communication, c’est la communication elle-même et ses "média"[...],plutôt que le message communiqué"( La représentation télévisée des jeux d’intervilles ,la loterie nationale ,un spectacle de Walt-disney, un film de Rambo ou un match de football pourraient-ils donc ainsi être mis au même niveau d’action hypermédiatique de masse que le christianisme ?)


Dans la rubrique

+ introduction
+ 1) Chartres et la culture chrétienne
+ 2) Futuroscope de Poitier et DisneyLand :du pareil au même ?
+ 3) Le vitrail
+ 4) Brenda et Howard , Jean et Marshall au pays synthétique de Disney-Land.
+ Conclusion, Bémol : deuxième .