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notes écrites > mémoire de maîtrise > IIII ) Apesanteur et Cybernétique : les reseaux informatiques >

4 ) brain opera

"See the architectural plan for the Performance Space at Lincoln Center." Un projet représentatif , également , mais plus ancré profondément dans le sujet qui anime ma maîtrise , et dont j’espêre qu’il rendra plus clair ma réflexion , est le BRAIN OPERA , oeuvre développée par le MIT sous la coupole du compositeur Tod Machover , avec pour pêre spirituel , Marvin Minsky .Elle représente toutes les caractéristiques des oeuvres présentées ci dessus , avec cette hyper-technologisation de l’espace scénique où se déroule l’évênement -une sorte de concert gigantesque dans lequel les spectateurs , selon une logique établie ,auraient la possibilité de participer de différentes façons par des instruments três modernes ; instruments tous orientés également vers la plus grande utilisation possible du corps (et de l’esprit ) dans la conception graphique et visuelle du spectacle . Ce n’est pas pour rien certainement que dans le titre de l’oeuvre il y a le mot Brain , qui désigne le cerveau et par logique déductive l’intelligence , et l’esprit . Derriêre ce titre se cache déjà sans aucun doute la pensée spirituelle osée de Marvin Minsky , qui fait partie de ces personnes dont j’ai déjà mentionné l’existence , qui croient sur de nombreux points, fermement en la possibilité de faire passer l’esprit tout entier de l’homme dans un systême informatique : si on lui inculque et développe la capacité de se reprendre et de se juger vis à vis de lui même , en fonction de ce qu’il a été et de ce qu’il n’est pas , de ce qu’il devrait être , et de ce qu’il sera . (Il explique dans une partie de son article machine can be creative ? ,sur son site internet ,que la raison qui nous pousse à penser qu’un ordinateur, lui , ne peut pas penser ,c’est à cause de son abscence d’autonomie ;à quoi il répond :nous ne sommes pas plus autonomes ,et le seront beaucoup moins qu’eux ,à l’avenir .) L’autre terme , Opera , indique , que la musique dans ce "spectacle", doit non seulement avoir une grande importance , mais qu’il doit diriger toute l’action d’une intrigue , aussi bien narrative , visuelle , que corporelle (et spirituelle , si elle est .) C’est un fait que Marvin Minsky s’interresse beaucoup à la musique ;ce n’est pas moins vrai que les phénomênes visuels le passionnent ,autant que la science , qu’il maîtrise apparemment magistralement(il est professeur au MIT ,et a inventé un microscope capable de voir dans le cerveau des choses que l’on n’aurait pas du pouvoir voir ) ; et il se revele un passionné de la langue , et de ses tournures , de son style .(Il a écrit des articles sur des jeux de mots , et le texte lu dans Brain Opera est de lui .) Qui donc mieux que lui en un sens serait mieux placé pour avoir une idée de ce à quoi saurait ressembler la conception hypermédia , dans les transformations et les mutations qu’elle implique ? Tod Machover est un musicien réputé qui a travaillé à L’IRCAM avant de partir au MIT ,et semble tout autant capable de diriger des orchestres pour l’exécution des partitions de Bach et de Beethoven, bref du classique , que des partitions beaucoup plus modernes , d’électro-acoustiques , ou bien encore de variétés - de rock :en somme un esprit capable d’avoir une bonne conception de ce que peut-être la synthêse musicale ,dans son sens large . Et ces deux hommes ont la chance -ils le méritent sans aucun doute - d’être à la tête d’une équipe de techniciens appartenant à une organisation dont il n’en existe certainement pas deux au monde aujourd’hui , le MIT :capable de résoudre et de réaliser les machines les plus compliquées qui soient selon les désirs des auteurs . La scêne de spectacle ressemble un peu à un auditorium , à ceci prêt qu’elle est remplie de machines sophistiquées et de scênes les plus étranges .Il est possible d’imaginer qu’un concert , d’aprês certaines indications ,doit pouvoir contenir en fonction de la salle , environ 500 à mille personnes .Et à chaque représentation , par l’intermédiaire d’Internet et selon des techniques três modernes d’emploi et de développement de classes de langage java (j’y reviendrais),autour de la norme musicale MIDI, puis de la vidéo Quick-Time à 128 kbps de débit ( de bande passante ) ,des milliers d’ internautes sont en mesure de participer au concert selon une rêgle que j’aborde ci-dessous , avec la mise en évidence des trois parties ,( dits mouvements ,comme pour une symphonie )bien distinctes du spectacle .

Le premier mouvement apparaît s’orienter autour d’une forêt d’arbres à paroles et à chants : the singing and speaking trees (A Forest ) dont l ’audience peut se servir , une fois qu’une forme de "big bang" de sons et d’images ,choisi par eux et les internautes ait eu servi d’introduction à la symphonie ;sur une musique de Tod Machover inspirée de l’offrande musicale de Bach , et que les utilisateurs peuvent modifier et interférer par d’autres musiques de styles différents , créant ainsi des formes musicales hybrides composés de Beethoven et de Bob Dylan , de Stravinsky ou des Beatles ...etc , les participants par un systême de questions réponses , dialoguent par l’intermédiaire de l’arbre avec des phrases issues de la pensée de Marvin Minsky , qu’ils peuvent également transformer , déplacer et associer , comme un jeu , ( voir documents fournis ci-joints et sur internet , une démonstration dont j’ai déjà parlé de leur fonctionnement ) ; dialogues qui sont incorporés à une mémoire centrale , ainsi réutilisables , comme les sons de voix , monocordes , enregistrés dans les arbres à chants (Singing trees) ; et ces voix justement sont réutilisés quand la musique de Bach (son interprétation)arrive à la tonalité de C-major, et qu’une voix de Soprano (Anne Azema)se met à chanter d’une voix calme et méditative,solennelle ; elles sont réutilisés afin de la saturer et l"agiter ", ou la "calmer"par un systême de mixage . (une voix d’auditeur , enregistrée sur un ton juste créant une belle réponse informatique ("beautiful aura") mixée à la voix de la chanteuse , alors qu’une voix moins pure crée sur elle des distorsions .)

Le deuxiême mouvement semble se tourner résolument autour d’une mise en voix ,par une mezzo soprano , Karol Benett , ( ainsi que d’autres ) , et tous les "hyperinstruments" qui tentent de converger vers celles ci ,de quelques paroles sélectionnées , toujours issues de la pensée de Marvin Minsky . Ces paroles sont les suivantes :

- Brain Opera , Brain Opera...

- There are several hundred little pieces of brain that each of us uses .

There are no instruction manuals and no way to debug it .

- The mind is too complicated to summarize.

L’effet recherché de Tod Machover étant de créer une composition énergique et unifiée ,dynamique autour de sa musique inspirée de Bach ("Unified , energetic, and upbeat composition")

Le troisiême mouvement commence par l’intégration de la musique composée par les internautes ,(toujours à partir , en partie ,du thême de Bach , mais cette fois-ci accélérée ; les musiciens du réseau comme les spectateurs ont surtout à jouer un rôle dans la modulation de l’harmonie , et la vitesse de la musique )qui "prennent"

un instant le contrôle du spectacle ,à partir du générateur de son écrit en java et midi ( Les classes java pour le contrôle des sons midi sont un véritable exploit de programeur :il les a construites lui même à partir des spécifications du langage) .Un dialogue s’installe alors , si c’est possible ,entre les internautes ,qui inspire et dirige le rythme de la musique ,et les "performers",puis le publique ,ces derniers par groupe de cinq personnes utilisant une sorte de tapis capable de transformer le mouvement des spectateurs -acteurs , en sons et images ,concordants avec ceux diffusés par les artistes (les "performers " ,les chanteurs ,chefs d’orchestres ,etc...) :le tout,aprês une période "três libre " de création ,finissant par un coda calme et serein de Bach .

IL est bon certainement de reprendre les différents outils technologiques utilisés , avec des illustrations .

A Forest of speaking and Singing Trees : Est une installation dont j’ai déjà parlée ,composée d’environ une douzaine d’arbres munis de casques audios et de micros ;elle se divise en deux parties distinctes,indiquées dans le titre : l’arbre à chant ,capable d’enregistrer les voix des spectateurs ,et de les mixer dans le but de les utiliser pour faire varier la voix d’une chanteuse . 2) l’arbre à parole , qui permet un "dialogue" entre des phrases inachevées et en désordres sur le sens de la musique écrites par Marvin Minsky, et le publique qui peut les reformuler à la façon dont il les entend .Cette " forêt" est surtout utilisée en importance dans la premiêre partie .

Image : Singing and Speaking Trees

"The Mind Forest has fifteen hooded "trees" for people to speak and sing into, each unique (try them all !) and offering a private experience to one person at a time. In the Singing Trees, wearing headphones to ensure maximum sound isolation, the individual sings a single note. The computer rewards a well-held, perfectly calm note with a beautiful aura, promoting a mood of concentration and meditation ; a less-well-held note creates a more "agitated" musical response. In the Speaking Trees, audience members enter into conversation with Marvin Minsky and record personal memories and opinions, as well as thoughts about music and the mind. Each tree can record the audience member’s voice, which is automatically edited, selected and processed, and then incorporated into each Brain Opera Performance1)

Gesture Wall : il s’agit d’une grande installation , cinq fois plus grande environ que la taille humaine , et munie d’un grand écran ; elle est constituée également d’une plate forme sur laquelle court un faible champs électrique , capable de mesurer les mouvements des participants qui se trouvent dessus .Et de les transformer en un signal , qui modifie , par un systême élaboré de tranmission et de mixages , autant la musique que les images "courantes " du spectacle ; et ceci d’autant plus que le corps se trouve prêt de ce dit écran,variation rendue possible grâce à des LED , senseurs capables de mesurer la distance et réglés ici sur un ordre croissant en fonction de la proximité .Pour permettre une radiation coordonnée des différents participants (qui diffêre beaucoup selon la personne)les ingénieurs ont mis au point un systême de calibrage par l’intermédiaire de leurs chaussures , qui équilibre les masses , les champs d’irradiation des corps ,et rend possible une coopération dans la formulation des transformations d’images et de sons .L’instrument semble utilisé tout le long du spectacle ,comme une véritable piste de danse .

Image : The Gesture Wall

Five larger-than-life-size Gesture Walls turn body gestures into sound and image. By stepping onto a plate mounted invisibly in the floor, a low-voltage electric signal is transmitted through the player’s shoes and then broadcast through the body to a set of four sensors located on goosenecks around the perimeter of a giant projection screen. These sensors measure body movement very accurately, allowing the slightest twitch or most dramatic dance to modify and "perturb" ongoing music and moving images displayed on the wall.

The melody Easel : trois grandes tables , possédant chacun un peu la forme d’un tambour permettent également aux spectateurs de modifier la ligne mélodique d’une mélodie ( ici surtout celles d’instruments aux sonorités allongées , tels que violons et cuivres ,)par l’intermédiaire d’un doigt , qui vient toucher un écran d’interfaçage L’écran sensible permet donc un contrôle sur la vitesse , la complexité et l’articulation d’une mélodie , ainsi que de réaliser de belles traces graphiques .

Image : The Melody Easel

"There are three Melody Easels, each designed to accomodate one player and two observers. Seated at a table-like structure, one plays the Melody Easel with the touch of a finger, creating a feeling of subtle articulation and phrasing usually associated with single-line melodic instruments like the violin or saxophone. The movement and touch of the finger as it travels across a specially designed transparent surface not only creates music — melodic variations and timbral filigrees based on the voice of mezzo-soprano Lorraine Hunt — but also a beautiful graphic trace."

L’Harmonic driving : ressemble quant à lui volontairement à la circulation d’un jeu vidéo , dans un espace réel ; mais d’un jeu qui est porté sur la navigation dans les arcanes de différentes tonalités , et structures d’une mélodie .Par l’intermédiaire d’un écran de visualisation et dans un grand fauteuil ,il navigue dans un espace , où chaque section et forme ou objet ,représente un style de musique ,une tonalité , un son , une structure : en somme avec le même rôle que les autres montages , mais avec le moyen du déplacement virtuel dans un espace structuré .Les choix du participant sont également presque immédiatement intégrés à la musique de tout le spectacle (changeant ainsi la couleur ,le spectre , les rythmes de la mélodie .)

Image : Harmonic Driving

"Using specially-designed software, the player literally "drives" through a piece of music in one of three Harmonic Driving units. Like playing a traditional video game, the user negotiates onrushing paths and trajectories on a video screen, using a specially designed, spring-mounted steering column that measures turn and tilt and bend. Branches in the road - signaled by blue and orange barber poles - cause the music to become "cooler" or "hotter," and the player’s micro-steering - whether rhythmic and precise or sinuous and meandering - makes the music become sharp-edged or atmospheric. Both path and music are updated on the fly as the player makes choices, and the consistency of these choices - or "conviction of the interpretation," if you will - is rewarded by a skill rating at the end of the run/piece. "

D’autres technologies sont utilisées dans le spectacle , et encore en voie de développement . Le bâton digital , crée par Teresa Marrin , ressemble à un bâton de chef d’orchestre , mais avec la particularité de posséder un microprocesseur dans son manche , et cinq boutons de sensibilités , puis trois d’accélération , qui permettent d’intensifier ou de réduire par un systême d’émission de photon , (vers une caméra sensible aux infra-rouges uniquement à une valeur donnée) la mesure du déplacement que lui fait subir la main du participant ; donnant ainsi à l’utilisateur des possibilités de contrôle sur les formes d’ondes de la musique , et des images diffusées , pour ce spectacle .

Le bâton digital . Un autre instrument plus ancien est employé dans ses bases , qui est la sensor chaise .Elle se revelle en quelque sorte le prototype des outils et installations utilisés ici en ceci qu’elle permet la même fonction de création de sons par la position relative des mains dans un champs éléctrique . En ce qui concerne les technologies utilisées pour la communication avec internet , il s’agit de classes de langages java ,multi-utilisateurs , qui peuvent donc être utilisées à plusieurs , "partagées" en quelque sorte ,crées en grande partie par les ingénieurs du MIT , afin de pouvoir utiliser les normes midi .Les outils disponibles pour les internautes , se revellant être des "avatars virtuels" des outils décrits plus hauts .

Je me suis permis de développer cette relativement longue description , un peu fastidieuse ,parce qu’elle serait peut-être en mesure de nous évoquer , comment effectivement , pourrait se réaliser , dans un futur hypothétique ,le passage de l’esprit -en tant que langage autopoà¯étique (cf J.J.Varela ,l’autonomie du vivant )premier de l’humain,entiêrement dans un réseau neuronal d’un ordinateur à venir . J’ai déjà parlé du fait que les langages avaient tendance à converger vers un même média de commande ,le corps et ses sens lui même ,grâce à la maîtrise technologique et électronique de la lumiêre ,en relation avec la machine de Turing,(qui deviennent en quelques sortes les vrais langages ) ; média énergétique puissant qui par sa force de gravité est en mesure de rapprocher dans un même vecteur de construction , les sons et les images ,la lumiêre ,dans la source de mouvement qu’est le corps .Mais cette fois-ci le corps lui même , langage premier dans cette oeuvre ,mu par la musique,ne semble devenir qu’un élément , semblable à un neurone (puisqu’il s’agit d’un cerveau )d’un tout que l’on pourrait peut-être caractériser de Rhizomique ,(eût égard à la définition qu’en donne Deuleuze ) ,où l’on serait en mesure de venir se connecter partielement par associations et partages de données .Le tour de force qui est tentée ici est bien la connexion du plus grand nombre de personnes à une même oeuvre , un même événement :et comme souvent dans ces tentatives , surtout quand le média technologique s’en mêle , le systême narratif traditionnel a tendance à s’estomper ,voir à disparaître ,au profit du média de communication . Mais duquel s’agit -il en fait ?S’agit -il en définitive de celui du corps humain, de l’ordinateur (des réseaux), de la musique ou bien des phénomênes lumineux ;du mouvement ? Et à quel message indéterminé , à la narration réduite au maximum, et dépecé, s’adresse t’il ?Certainement à quelque chose qui devrait se situer à l’intérieur , au milieu de ,du mouvement de ces différents moyens de communication .Un schême ?Une mélodie spirituelle unificatrice ?Et laquelle ?[il est à noter ici que les cinq cercles qui composent l’oeuvre de Maurice Benayoun ,le diable est-il courbe , au dire de l’auteur lui même,au prise avec les désirs de tous les utilisateurs , à qui ils (les cinq cercles du diable )voulaient séduire ,ont fini par ne plus former qu’un seul cercle immobile .]Cela fait partie de la philosophie de Marvin minsky de penser que la nature du thême d’une mélodie n’a pas en soi d’importance ,et que ce qui importe ce sont les mouvements crées des relations effectués par rapport à lui .

Certainement encore il n’y a là rien de nouveau :Tod Machover et Marvin Minsky s’inspire spirituelement de la musique de Bach et de Beethoven ;et l’art contrapunctique de Bach était três élevé ,d’une spiritualité absolument remarquable .Or en quoi consiste une fugue , si ce n’est en l’utilisation d’une courte phrase mélodique ,multipliée (par trois , par quatre , par mille) transcrite dans d’autres tonalités renversées ,décalées selon une technique de contrepoint qui déhanche et des-articule les éléments physiques sonores afin que dans leur mise en relation , il soit possible de percevoir en son centre et son coeur ,la forme vivante de la sensation spirituelle de l’existence profonde de l’auteur ,et de l’humanité qui l’entoure ,en nous même ?(Il faut encore ici se rendre compte du phénomêne incroyable , qui consiste à pouvoir recréer dans son esprit ,en corps et en paroles ,un autre esprit qui a vécu il y a plusieurs siêcles !Cette translation du vivant par un systême d’abstraction est du domaine de l’effarant .Quand en plus ce systême nous permet de nous reformuler somatiquement et psychiquement , cela tient d’une forme de magie .)

Beethoven ,avec son hymne à la joie et l’agnus de௠de sa missa solemnis procêde de la même façon : en obtenant un thême , une phrase courte et unique , qu’il répétera , en la transposant constamment , en la modifiant légêrement : puis en l’incarnant littéralement dans des voix humaines et des choeurs , dans un mouvement d’amplification qui modêle et transmue littéralement l’espace . Quand cette incarnation de la voix , d’un schême primitif est tentée en communauté d’hommes physiques bien réels , il est possible de dire que l’on tombe dans une forme de rituel , de religiosité de l’action , peu importe le message dont il s’agit : les corps et les esprits se considêrent comme la partie d’un tout reconstructible autour d’une déité souhaitable : il ne s’agit pas non plus d’une spécificité de l’hypermédia moderne .(La spécificité doit ici être avant tout d’ordre technologique et énergétique , comme nous l’avons vu.) La spécificité du langage moderne étant bien alors également cet outil technologique capable de reproduire et de régénerer un objet , un mouvement , une action, une opération à l’identique ,dans le temps et dans l’espace ,pour la transformer dans une même source et faire apparaître si possible cette forme invisible et fiscible ,moule imperceptible de nos désirs , et de notre raison d’être : Le moule du langage spirituel qui meut la lumiêre-dont-nous-faisons-partie (Mac Luhan)dans le temps et l’espace ? Il peut -être frappant de considérer la ressemblance qu’ont certaines des installations du Brain Opéra avec le grand verre de Duchamps , oeuvres qui pourtant ne devraient apparemment rien avoir ensembles .Des grands arbres géométriques en forme de roues et de ciseaux , de moules ,(à caractêres sexuels ?)qui seraient en mesure de nous montrer dans l’espace trans-apparent d’un verre , l’invisible de l’ombre d’une ombre . Message spirituel qui serait ici alors également ,par la maîtrise de la structure ,de l’état intérieur de la lumiêre ,la représentation physique partielle de la commutation possible de l’esprit humain et des corps (dans leurs mouvements de fuites),dans l’arbre de verre et de cristal capable de les capturer (la lumiêre ,l’esprit et les corps ) dans un même espace de réflexion :celui d’un ordinateur (ordonnateur ,)machine génitrice et motrice des ondes vitales à la vie . (Ici ,c’est encore la constante de la vision "cyber-punk"que l’on retrouve ici , de considérer comme réellement potentiel la possibilité de passer à l’intérieur de l’ordinateur énergétique , comme on eût pu espérer entiêrement passer dans les ombres dynamiques ,réfléchies et interactives de vie d’une fugue de Bach ou de Beethoven .) Ou plutôt que ce rapprochement de visions abstraites et de corps physiques réels ,dans un schéma dynamique et energétique ,peut être en mesure de nous faire ressentir que le vide a cet espace d’ouverture minimal et insaisissable ,qui permet au vivant-radicelle incomplête - comme des fleurs étoiles de mer de développer leur état cristallin .


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